Depuis le 1er juillet 2022, la ville de Montpellier applique un dispositif d’encadrement des loyers pour réguler les prix dans le parc privé. Que vous soyez locataire ou propriétaire, l’utilisation d’un simulateur d’encadrement est une étape indispensable pour vérifier si le montant du loyer respecte les plafonds légaux fixés par arrêté préfectoral.
Fonctionnement du simulateur d’encadrement des loyers
Le simulateur officiel s’appuie sur une base de données mise à jour chaque année par la préfecture de l’Hérault. Cet outil croise plusieurs critères techniques pour déterminer la valeur locative de référence d’un logement sur le marché montpelliérain.

Les critères techniques à renseigner
Pour obtenir une estimation précise, vous devez fournir plusieurs informations concernant le bien :
L’adresse exacte est primordiale, car Montpellier est divisée en zones géographiques où les prix au mètre carré varient. Le nombre de pièces, l’époque de construction de l’immeuble et le type de location (meublée ou nue) sont également requis. Les locations meublées bénéficient de plafonds légèrement plus élevés pour compenser l’amortissement du mobilier.
Interprétation des trois niveaux de loyer
Après saisie des données, le simulateur affiche trois indicateurs :
Le loyer de référence représente le prix médian observé dans le quartier. Le loyer de référence minoré correspond à ce prix diminué de 30 %. Enfin, le loyer de référence majoré constitue le plafond légal, fixé à 20 % au-dessus du loyer de référence.
Application du cadre légal à Montpellier
Issu de la loi ELAN, ce dispositif cible les zones où la tension locative est forte. À Montpellier, il s’applique à l’ensemble de la commune pour les baux signés ou renouvelés après le 1er juillet 2022. Cela concerne les baux d’habitation classiques, les baux mobilité et les baux étudiants.
Certains logements restent exclus de ce plafonnement : les logements sociaux (HLM), les locations conventionnées par l’Anah et les locations saisonnières de type Airbnb. Le simulateur calcule uniquement le loyer de base, hors charges. Les provisions pour charges s’ajoutent à ce montant et ne sont pas soumises à cet encadrement, bien qu’elles doivent être justifiées.
Le complément de loyer : une exception encadrée
Certains propriétaires appliquent un montant supérieur au loyer de référence majoré sous la forme d’un complément de loyer. Cette pratique est légale uniquement si elle se justifie par des caractéristiques exceptionnelles du logement, non prises en compte par le simulateur.
Une terrasse de 50 m² avec vue panoramique, un jardin privatif en centre-ville ou des équipements de luxe peuvent justifier ce dépassement. En revanche, une cuisine équipée standard ou une rénovation récente ne suffisent généralement pas. Si le complément est disproportionné ou injustifié, le locataire peut contester le montant pour aligner le loyer sur le cadre légal.
Recours en cas de dépassement du plafond
Si votre loyer dépasse le plafond autorisé sans justificatif valable, plusieurs étapes permettent de régulariser la situation.
La première étape consiste à effectuer une simulation officielle et à conserver la preuve PDF. Ensuite, envoyez un courrier recommandé au propriétaire pour demander la mise en conformité. En cas de refus, saisissez la Commission Départementale de Conciliation (CDC 34) dans les trois mois suivant la signature du bail. Si la conciliation échoue, le recours devant le juge des contentieux de la protection est possible.
Le préfet peut également mettre en demeure le bailleur de régulariser le contrat et de rembourser les trop-perçus. Le refus de se conformer expose le propriétaire à des amendes administratives pouvant atteindre 5 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale.
L’accompagnement par l’ADIL 34
L’Agence Départementale d’Information sur le Logement (ADIL) de l’Hérault accompagne les résidents de Montpellier. Leurs juristes offrent des conseils gratuits pour interpréter les résultats du simulateur et aident à la rédaction des courriers de contestation pour sécuriser la procédure.
Anticiper les révisions annuelles
Les plafonds ne sont pas figés. Chaque année, un nouvel arrêté préfectoral ajuste les prix selon l’évolution du marché locatif. Il est conseillé aux propriétaires de consulter le simulateur avant chaque nouvelle mise en location. Pour les locataires en place, une baisse du plafond annuel ne déclenche pas automatiquement une baisse de loyer, sauf clause spécifique au renouvellement du bail ou si le loyer initial était déjà manifestement excessif.
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